Décider en orchestre ou en solo.

Publié le par dibo

Han Feizi raconte que le roi Xuan de Qi (l'actuel Shandong en Chine) aimait par dessus tout les joueurs de flûtes. Il en entretenait plus de 300 et se plaisait à les faire jouer tous ensemble. Un homme se présenta qui se prétendait joueur virtuose, le roi l'accueillit avec enthousiasme et le gratifia richement pour qu'il accepte de rester. Cet homme était en fait un escroc bien incapable de tirer le mondre son de sa flûte. Mais il prenait gravement sa place dans l'orchestre et jouait avec grandiloquence et force grands gestes, bien malin celui qui aurait pu le repérer.
Le roi Xuan mourut, son fils Ming lui succéda. Lui aussi aimait la flûte, mais il la préférait en solo. L'imposteur ne put rien faire pour éviter d'être démasqué et il décida de fuir.

 

Une grande et discrète bataille se mène en ce moment même dans les couloirs des assemblées. Lundi 21, le Congrès se réunira pour adopter ou rejeter la réforme de la constitution proposée par M. Sarkozy. Quelle que soit la décision, elle sera emportée à très peu de voix. Le choc convenu entre majorité et minorité ne compte plus, seul subsiste les choix individuels. "Maintenant, mon vote va compter" dit M. Lang, et ça change tout.
Longtemps cachées dans la masse, les petites infamies et les petites lachetés et peut-être aussi, espérons-le, quelques convictions apparaissent au grand jour. C'est maintenant sans-doute que nous pouvons juger nos hommes politiques.

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