La Chine demain : démocratique? autoritaire? fasciste?

Publié le par dibo

chinoiseries - La Chine demain : démocratique? autoritaire? fasciste?La théorie selon laquelle la combinaison de l'ouverture au monde et de la prospérité entraîne mécaniquement une démocratisation relève de la mythologie libérale. En Chine, les réformes économiques ont certes enrichi une minorité de la population, mais celle-ci loin de former une élite progressiste a rejoint le pouvoir d'autant plus aisément que l'appropriation à grande échelle des anciens biens d'État est largement contestée. En cas d'évolution démocratique, des comptes seraient certainement demandés à ces nouveaux riches. Difficile d'imaginer que cette élite privilégiée ait envie de donner la parole aux ouvriers, aux paysans et aux 200 millions de pauvres que compte la Chine.

Bien sur, on ne peut pas exclure une démocratisation ou au moins une réforme de l'autoritarisme. Historiquement les partis communistes soviétiques et est-européens ont commencé à se réformer lorsqu'ils ont été confrontés à leurs propres impasses, en l'occurrence une grave crise économique. Gangrénée par la corruption et les abus de pouvoir, la Chine pourrait suivre un chemin similaire : Comment combattre ces fléaux s'il est interdit de les dénoncer ? L'émergence de contre-pouvoir est nécessaire pour réguler le fonctionnement de l'État et, à défaut de presse indépendante, Internet semble commencer à jouer ce rôle.
Cependant, ces contre-pouvoirs resteront encore longtemps réprimés et privés de moyens de s'organiser. Les transitions réussies ont presque toujours commencé par un dialogue entre une frange réformatrice du pouvoir et des organisations représentatives de la société civiles. En Chine aucun des deux interlocuteurs n'existe, et le pouvoir veille à ce qu'ils n'apparaissent pas.

Quelle évolution alors ? Le pire n'est jamais certain, mais Michel Bonnin a peut-être raison lorsqu'il croit repérer dans l'évolution du régime chinois les premiers signes du fascisme : montée du nationalisme, liens intimes entre dirigeants politiques et industriels, persécution des intellectuels libéraux et des syndicalistes et accroissement continu des écarts entre riches et pauvres. Il remarque, à juste titre, que l'espace laissé libre par le recul du communisme et du maoïsme commence à être comblé par une idéologie nouvelle faite d'autoritarisme, de nationalisme et de néoconfucianisme.

Publié dans Politique

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alan de Bx 09/08/2008 00:15

Merci pour cet excellent blog sur la culture chinoise (khan), j'y ai passé 10 ans...à l'époque ou tout étais bien différent de ce jour. Revenu en 88quant bien même beijting sortait son premier gratte-ciel(encore en fondation)plein de bon sens dans ses écrits. la chine communiste est devenu autoritaire plus que totalitaire, d'ici à trente années (avec certes des crises elle deviendra une démocratie. Je ne crois pas au nationalisme, mais à une confédération de provinces, une nouvelle ethnographie respectée, peut-être plus enn avance que sur notre Europe/méditérrannée, embourbée dans un conservatisme.....Bonne chance à Toi , et n'hésite pas de me contacter, du reste j'ai besoin de talent pour venir nous vanter sur Paris votre vision de cette chine nouvelle...Bien librementAlan e Bx

pld 04/08/2008 15:20

Bon bah, je tente un résumé pour ceux qui auraient pas le courage :démocratique : peu probableautoritaire : oui (il y en a 3 qui suivent, c'est bien !)fasciste : déjà plus ou moins, bientôt plusEt sinon, joyeux JO à tous !