Xinjiang : émeutes à Urumqi

Publié le par Thibault

Alors que des émeutes auraient fait hier plus d'une centaine de morts à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang, je vous propose une version remise à jour de cet article initialement publié en août 2008 :

Xinjiang : émeutes à UrumqiL'année 2008 a été marquée par une reprise de l'agitation au Xinjiang, province majoritairement turcophone et musulmane que la Chine affirme posséder depuis la dynastie Han.
En fait, elle tente depuis cette date d'exercer sa souveraineté sur cette partie du Turkestan
mais avec un succès mitigé. Le Turkestan a en effet cette particularité d'être le lieu de rencontre de deux immenses civilisations : l'Islam et la Chine. Toutes deux sont expansionnistes, cette rencontre prendra donc la forme d'un affrontement : la première bataille entre musulmans et chinois a lieu une vingtaine d'années seulement après le mort du prophète !

Pour quoi se bat-on au juste ? Pour une traînée d'oasis au milieu du désert : les étapes de la route de la soie. La Chine combat ainsi l'influence arabe puis turque pendant un millénaire. Sans résultat. Elle perd même - c'est rare ! - la bataille de la civilisation : l'ensemble du Turkestan devient musulman.
En 1759, la dynastie Qing en fait occuper la partie orientale qui prend le nom de Xinjiang, nouvelle province. La présence chinoise ne sera jamais acceptée. L'indépendance est réalisée vers 1930 mais elle est de courte durée : dans l'année qui suit son arrivé au pouvoir, Mao écrase les indépendantistes, Ouïghours comme Tibétains. Le Turkestan oriental redevient le Xinjiang, mais il reste à la marge de la Chine.

A la fin des années 80 cependant l'attention de Pékin est attirée sur cette province déshéritée. La Chine a besoin d'énergie et le Xinjiang possède du pétrole. Il faut donc mater ces mouvements indépendantistes qui n'ont jamais cessé d'exister. La religion musulmane est un symbole de la résistance, aussi les premières mesures seront ouvertement islamophobes : interdiction des pèlerinages à la Mecque, interdiction de construire des mosquées, interdiction des publications religieuses...
Outrée par ces mesures et encouragée par les indépendances des anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale, l'insurrection reprend de plus belle. Le coup d'envoi est donné en 1990 par le soulèvement du village de Baren après la fermeture de sa mosquée, les émeutes et les attentats se répandent rapidement et touchent toute la province.

En 1995, le Xinjiang obtient le statut de région autonome, ce qui autorise notamment l'utilisation de la langue Ouïghoure dans l'administration et les écoles.
Cependant, dès l'année suivante Jiang Zemin déclenche contre le Xinjiang la plus grande répression depuis l'écrasement du printemps de Pékin en 1989. On sait peu de chose sur cette opération qui impliqua peut-être 300 000 hommes de l'armée populaire de libération. Elle se continue en 1997 avec une campagne de délation qui envoie au moins un millier de personnes en prison. Mais ces efforts ne semblent pas suffire, des attentats ont lieu jusqu'à Pékin et une guérilla apparait qui crée des liens avec les islamistes pays voisins.

L'année 2001 marque un tournant. La Chine joue le jeu de la guerre contre le terrorisme. Le gouvernement chinois affirme que les Ouighours sont liés à Ben Laden et s'entraînent en Afghanistan. Les attentats et les émeutes qui étaient auparavant étouffés deviennent un sujet autorisé pour le presse chinoise, ils sont même souvent exagérées. En réalité, le mouvement a été durement touché par les vagues de répression et s'est affaibli au point qu'il était considéré, hors de Chine, comme éteint depuis 2002. A tort manifestement : pendant les Jeux Olympiques de Pékin, les attentats et les attaques ont fait plus de trente morts.

La radicalisation du mouvement ouïghour est symptomatique de la politique de Pékin vis-à-vis de ses minorités : le développement des provinces éloignées, mis en avant par le pouvoir central, est très inégalement réparti, le peuplement organisé par les Han, qui sont au Xinjiang en voie de devenir majoritaires, entraîne de fortes tensions entre les populations et le statut d'autonomie accordé aux province cache souvent un violent racisme. Même causes, même effets : les émeutes d'Urumqi rappellent celles de Lhassa en mars 2008.

Publié dans Politique

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lizier 13/02/2010 04:47



Bonjour,


De passage sur votre blog via l'annuaire d'over-blog


Je vous invite à découvrir un nouveau design de même que plusieurs affiches pendant la durée des jeux Olympiques la première est consacrée à Marie Marchand Arvier,


http://www.nicolaslizier.com/


Je vous souhaite une bonne continuation sur votre site et votre activité.


A bientôt


Nicolas graphiste à Montréal



rozéfré 10/01/2010 00:55


Bonne continuation


evasion735 12/08/2009 20:33

superbe blogje serais tres heureux si tu acceptais de temps en temps de publier des articles sur la communauté que je gere : Humeurs (le lien se trouve sur le coté de mon blog)