Tuer un oiseau sans flèche

Publié le par dibo

On pourrait croire que connaitre son adversaire ou l'avoir déja affronté est un atout. Ce n'est pas toujours le cas. Voici deux histoires à ce sujet.

Tuer un oiseau sans flèche

Pendant la période des Royaumes Combattants, la Chine était divisée en sept Etats dont le plus puissant était Qin. Les six autres s'allièrent pour lui résister. Dans le cadre de cette alliance, le roi de Zhao envoya un émissaire, Wei Jia, au royaume de Chu.

Wei Jia rencontra le seigneur de Chunshen, premier ministre de Chu. Il lui demanda s'il avait nommé un commandant en chef pour ses troupes.
- Oui, le général Linwu sera en charge du commandement.
- Lorsque j'étais jeune, répondit Wei Jia, je pratiquais le tir à l'arc. Si vous le permettez, j'aimerais vous raconter une histoire.
- Bien sur.
- Un jour, le roi de Wei partit à la chasse accompagné du général Geng Lei. Observant un vol d'oies, Geng Lei dit : "Votre majesté, je peux abattre un de ces oiseau avec un arc vide." "Avec un arc vide ! Tu veux dire sans flèche ?" "Tout à fait."
Le général prit alors son arc, le banda, visa un oiseau et relacha la corde. L'oiseau tomba comme s'il avait été touché par une flèche.
"C'est incroyable ! S'exclama le roi, comment as-tu fait ?" "L'oiseau, expliqua Geng Lei, avait déja été blessé par un chasseur, il volait avec difficulté et se laissait distancer par les autres. En entendant le bruit de l'arc qui se détend, il a cru, paniqué, qu'une autre flèche allait l'atteindre et il a épuisé ses dernières forces pour l'éviter, avant de tomber de tout seul."
Mais, reprit Wei Jia, revenons à nos affaires. J'ai cru comprendre que Linwu a été vaincu autrefois par l'armée de Qin. Il est possible qu'il sente encore sa blessure et qu'il en craigne une nouvelle. A votre place, je nommerais quelqu'un d'autre.

undefined
Le stratagème de la ville ouverte

Cette seconde histoire illustre la première. Elle se déroule à l'époque des Trois Royaumes, au IIIeme siècle.

Zhuge Liang, le premier ministre du royaume de Shu, se trouvait en mauvaise posture : Il était attaqué par l'armée de Wei dirigée par Sima Yi alors qu'il était séparé du gros de ses troupes. Il se retrancha dans la ville de Yangping avec seulement une poignée de soldats, trop peu pour fuir ou soutenir un siège.
Alors que la situation paraissait déséspérée, Zhuge Liang demanda à ses hommes de déserter les murailles et d'en retirer toutes les bannières. Il fit ouvrir toutes les portes de la ville, et devant chacune il plaça vingt soldats avec ordre de balayer la route. Lui même s'installa en haut des murs de la ville et commença à jouer du luth.
Zhuge Liang avait déjà à plusieurs reprise infligé de lourdes défaites à l'armée de Wei, c'était un homme extrêmement brillant, reconnu et craint pour ses stratagèmes. Aussi lorsque Sima Yi le vit souriant sur les murs d'une ville apparement désertée, il redouta une embuscade. Sa crainte fut encore amplifiée lorsqu'il entendit le son du luth et il ordonna à son armée de se retirer.
Dès qu'il fut hors de porté de l'armée de Wei, Zhuge Liang abandonna la ville. Il put regagner sans encombre sa capitale.

Publié dans Histoires et fables

Commenter cet article

Fathis 10/06/2011 14:51



Grand fan de Zhuge Liang,j'ai lus que cette histoire était en fait une pur fiction pour glorifier encore plus le personnage.Vous confirmez ?