Mencius : "tendre un traquenard au peuple"

Publié le par dibo

Les textes de Mencius sont des dialogues, échangés avec les personnages éminents de son époque. Dans celui-ci, Mencius discute avec le roi Hui de Liang (lien vers l'introduction du dialogue). Mencius constate que le roi est un homme bon mais qu'il mène malgré tout son peuple à la guerre, le roi répond qu'il cherche ainsi à satisfaire sa grande ambition et Mencius devine que, comme à peu près tous les souverains de l'époque, le roi souhaite réunifier l'empire sous sa houlette. "Autant monter aux arbres pour attraper des poissons" répond Mencius pour qui la vertu est la seule façon d'étendre son influence. Voici sa conclusion :

undefined Seuls quelques sages peuvent rester vertueux dans les épreuves. La vertu des hommes ordinaires n'est pas assurée s'ils ne sont pas certains de leurs moyens de subsistance. Dans ce cas, ils se permettent toutes sortes de désordres et d'excès et tombent dans le crime. Les condamner, c'est tendre au peuple le pire des traquenards. Un souverain juste peut-il accepter celà ?
Un prince sage s'assure que chacun ait de quoi venir en aide à ses parents et nourrir sa famille, que dans les bonnes années la nourriture soit abondante et que dans les mauvaises personne ne meure de faim. Ensuite, il incite son peuple à pratiquer la vertu, et celà se fait sans effort.
Aujourd'hui, vos sujets n'ont pas de quoi secourir leurs parents ni nourrir leurs familles, dans les bonnes années, ils sont toujours malheureux, et dans les mauvaises beaucoup meurent. Ils passent leur temps à trouver le nécessaire pour subsister, comment pourraient-ils apprendre la politesse et la justice ? Prince, si vous voulez bien gouverner, pourquoi ne commençez vous pas par assurer à chacun sa subsistance ?
Quand les vieillards sont habillés de soie et mangent de la viande et quand les jeunes ne souffrent ni de la faim ni du froid, le prince obtient toujours l'empire sur tous les peuples.

Commenter cet article

Sébastien 08/03/2008 20:54

Oserais je faire un parallèle avec notre société, dans laquelle, tant que télé, pain et vin sont fournis, tout va bien? Nous nous préoccupons beaucoup plus du pouvoir d'achat qui baisse (donc moins de vin et de pain), de la pub sur le service public qui le rendrait peut etre moins performant (donc moins de télé) ainsi que des droits sur le foot que d'écologie et de progrès humains à moyen et long termes... édifiante et finalement terrifiante est la clarté d'esprit de Mencius...