L'économie chinoise en 5 minutes

Publié le par dibo

Il n'y a pas que les Jeux Olympiques dans la vie : il y a l'économie aussi. Un domaine dans lequel la Chine passe pour excellente alors même qu'elle a publié aujourd'hui une rafale de résultats plutôt décevants. Qu'en est-il réellement ?
Après l'histoire de la Chine, je vous propose donc de découvrir les grands traits de l'économie chinoise en 700 mots soit environ 5 minutes de lecture.


L'économie chinoise a elle aussi son occasion manquée : elle connait dès le XVème siècle la spécialisation des industries et la sophistication des moyens de payement mais ces innovations qui seront en Europe des signes avant-coureurs de la révolution industrielle ne débouchent sur rien en Chine.
Elle reste donc stagnante jusqu'aux secousses du XIXème siècle. C'est le traité de Shimonoseki (1895) qui donne le coup d'envoi de la modernisation en reconnaissant aux étrangers le droit à des activités industrielles. Très vite, l'économie chinoise connait son premier âge d'or : la révolution de 1911 assouplit la mainmise de l'État alors que la Première Guerre Mondiale entraine l'effondrement de la concurrence Européenne. La croissance s'envole : 14% en moyenne entre 1912 et 1920, appuyée essentiellement sur des industries légères.
Ce développement transforme la société chinoise : l'argent autrefois théoriquement méprisé devient une valeur positive, le mandarinat n'est plus l'aspiration suprême et les entrepreneurs s'organisent donnant un nouveau sens aux traditionnels réseaux de solidarité chinois.

Mais après le coup d'État de 1927, Chiang Kai-shek se révèlent hostile à l'entreprise privée, un capitalisme d'État corrompu se met en place. L'économie chinoise commence à décliner, la situation empirera avec la guerre sino-japonaise puis la guerre civile avant que la proclamation de la République Populaire de Chine mette un terme au développement du capitalisme chinois en 1949.
Cependant le Parti Communiste Chinois a appris la leçon de la révolution russe : il n'y a pas de liquidation systématique des anciens entrepreneurs et la nationalisation de l'industrie n'aura lieu qu'en 1956 avec un système de pensions qui permettra aux anciens entrepreneurs de vivre bien au dessus de la moyenne des chinois et même de continuer à participer à la gestion de leurs entreprises. Mais ces précautions n'empêcheront pas l'économie d'être sinistrée par les délires de Mao.


Lorsqu'il arrive au pouvoir en 1976, Deng Xiaoping sent le besoin de réformes et lance le « socialisme de marché ». Il s'agit surtout de mener une politique économique pragmatique. L'État Chinois se fait l'allié objectif de son économie qu'il encadre et protège sans s'embarrasser de préoccupations idéologiques d'où qu'elles viennent.
L'alliance de mesures autoritaires, de survivances du communisme et de l'économie de marché est un succès qui se poursuit jusqu'aujourd'hui. Le contrôle de l'État sur la circulation des biens et des capitaux est encore en vigueur : les agréments des investissements étrangers, les licences d'importation, les autorisations multiples demeurent. Les entreprises chinoises, qui restent souvent publiques ou semi-publiques, se contentent de rentabilités très inférieures à celles que demandent les entreprises étrangères, et lorsque cet avantage concurrentiel ne suffit pas, l'État n'hésite pas à intervenir directement pour protéger des pans entiers de son industrie. Enfin, la sous-évaluation du RMB, la monnaie chinoise, reste un moyen efficace de fausser la concurrence internationale en faveur des produits chinois.
Ainsi, Philippe Delalande résume bien ce qu'est le « socialisme de marché » lorsqu'il écrit que « la Chine comprend comment fonctionne la mondialisation libérale mais lui refuse cette adhésion idéologique qui paralyse ses compétiteur occidentaux ».

L'application de cette politique permet la renaissance du capitalisme chinois. L'économie entre dans un deuxième âge d'or qui ressemble à s'y méprendre au premier : même croissance à deux chiffres, même prédominance de l'industrie manufacturière, même importance des technologies et des capitaux étrangers.


Rappelons quelques titres de gloire de l'économie chinoise : La Chine est devenue en 2007 la troisième puissance mondiale en termes de PIB, elle produit 85% des tracteurs, des montres et des jouets de la planète, 55% des appareils photo et des ordinateurs portables, 30% des téléviseurs et des machines à laver, 15 % de l'acier. Mais ce tour d'horizon ne serait pas complet si on oubliait que ces succès se sont faits au prix d'une vulnérabilité et d'un paradoxe, vulnérabilité vis-à-vis de l'économie mondiale avec une très forte dépendance de l'étranger : près des trois quarts du PIB chinois est directement liés aux exportations et moins de la moitié des produits exportés sont fabriqués par des entreprises chinoises, et paradoxe : malgré un développement économique rapide le niveau de vie des chinois n'a pas progressé au cours des 10 dernières années.

Publié dans Economie

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