L'histoire de la Chine en 5 minutes

Publié le par dibo

La première chose à faire pour comprendre un pays c'est de connaître son histoire. Dans le cas de la Chine, la plus ancienne civilisation au monde, ce n'est évidemment pas simple. Je vous propose d'en découvrir les grandes lignes en 700 mots, soit environ 5 minutes de lecture. Un investissement utile...

L'identité chinoise commence à se dessiner par cinq siècles de désunion et de conflit. Les périodes des « Printemps et Automnes » et des « Royaumes combattants » pendant lesquelles apparaissent -presque simultanément avec nos Platon et nos Aristote- les Confucius, Sunzi, Laozi, Mencius, Han Feizi...
L'union est réalisé par l'éphémère dynastie Qin (prononcer t'chine) vers 220 av. JC, c'est à elle que nous emprunterons le nom de ce nouvel empire. Elle jette les bases de la grande muraille, creuse le grand canal, construit le fantastique mausolée auquel appartient l'armée de terre cuite de Xi'an puis s'écroule. C'était une horrible tyrannie.
Les Han (-202) prennent le pouvoir pour 400 ans, ils adoptent le confucianisme, étendent l'empire dans toutes les directions, poussent le commerce jusqu'en Europe, puis s'affaiblissent et sont renversés.
Leur chute au IIIème siècle laisse la place à une nouvelle période de division : « Les Trois Royaumes » dont les guerres incessantes seront racontées dans un chef d'œuvre de la littérature chinoise. En introduction, on lit : « Longtemps uni l'empire se divisera, longtemps divisé, il s'unira », les chinois sont déjà traumatisés par ces cycles union puis division, prospérité puis chaos. Ce traumatisme résonne encore dans les lois anti-sécession contre Taiwan et dans la politique chinoise au Tibet ou au Xinjiang.

La paix ne revient qu'avec les Sui (en 589), elle est maintenue par les Tang (618). Chang' An, leur capitale, est dit-on la plus grande ville du monde, l'art et le commerce sont florissants et le bouddhisme progresse rapidement.
Et puis de nouveau un demi-siècle de tourmente qui amène sur le trône la dynastie Song (960) puis les Jin qui rétablissent un semblant d'unité au XIIème siècle. La paix est de courte durée : au terme d'une guerre sanglante, les mongols parviennent à dominer la Chine. Ils font de Pékin leur capitale et la « pax mongolica » permet à Marco Polo et à quelques aventuriers européens de parcourir l'Asie.
En 1368, le ressentiment de la population éclate. La révolte remet au pouvoir une dynastie chinoise, les Ming. L'empire dépasse rapidement les 100 millions d'habitants, la féodalité et l'esclavage sont partiellement abolis, la pauvreté recule, on imprime des livres, on produit du papier, de la soie, de la porcelaine, du coton, les explorateurs vont jusqu'en Afrique ou en Australie. En Europe, on suit le même chemin avec un peu de retard mais beaucoup plus d'efficacité.

La dernière dynastie verra la Chine distancée puis dominée par les puissances coloniales. Ce sont les Qing, des mercenaires Mandchous, qui s'emparent du pouvoir (1644). Ils sont étrangers, on les accusera d'autant plus facilement d'avoir fait de la première puissance mondiale un dominion sous-développé mais ce sont eux qui vassalisent le Tibet, le Xinjiang, Taiwan et la Mongolie.
Le XIXème siècle appauvrit dramatiquement la Chine qui est secouée par une agitation incessante. Le Royaume-Uni d'abord, puis les États-Unis et le Japon et enfin la France et l'Allemagne en profitent. L'impératrice Cixi, au pouvoir de 1860 à 1906, sera la fossoyeuse de l'empire, les défaites s'accumulent sans remettre en cause ses dépenses somptuaires et son conservatisme. A sa mort, l'empire du milieu cesse de fait d'exister.
Le pays est déchiré par les « seigneurs de guerre » alors que les japonais avancent un peu plus chaque jour. Les républicains dirigés par Sun Yat-sen gagnent du terrain, son successeur, Tchang Kai-chek, parvient à rétablir une unité précaire avant de se retourner contre ses alliés communistes. Il les extermine presque mais au prix d'une incroyable expédition les survivants s'échappent et créent de nouvelles bases dans les provinces reculées de l'ouest et du nord. C'est la Longue Marche, et sa figure emblématique : Mao Zedong.

Il faut au moins reconnaître à Mao des talents d'organisateur et un indéniable génie militaire, au cours de cette fuite, il théorise une tactique terriblement efficace : la guérilla. Il vaincra ainsi les japonais avant de repousser Tchang Kai-chek sur l'île de Taiwan. En 1949, il peut proclamer la République Populaire de Chine sur la place Tiananmen à Pékin. Il a encore la clairvoyance de ne pas instaurer brutalement du communisme. Et puis c'est le Grand Bond en avant (1958) et la Révolution Culturelle (1966) qui font plus de victimes que la Seconde Guerre Mondiale.
Mao meurt en 1976, il est remplacé par Deng Xiaoping qui jette les bases de la Chine telle que nous la connaissons en instituant le « socialisme de marché ». Nous y reviendrons.

Publié dans Histoire

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Bertrand de Bruxelles 01/08/2008 14:33

Ce résumé sur une seule page est excellent, ça aide beaucoup les ignorants et les paresseux comme moi. Merci beaucoup. Hier soir je regardais deux films historiques chinois récents ("The Warlords" et "Three Kingdoms: Resurrection of the Dragon"). Ok, j'ai compris maintenant: le premier film a lieu sous la dynastie Qing , et le deuxième sous la période des "Trois Royaumes".

istvan 01/08/2008 02:21

merci por cette invitation à vous connaitre ! ce site est très bien fait. !

gilles questiaux 01/08/2008 00:22

Ci dessous le lien direct aux archives "Chine" de Danielle Bleitrach

gilles questiaux 01/08/2008 00:18

Merci pour l'invitation à rejoindre la communauté. Je signale l'existence de nombreux articles intéressants sur la Chine et l'Asie, d'un point de vue communiste et/ou anti-impérialiste sur le blog "changement de société " administré par Danielle Bleitrach, sur la page d'accueil du blog "Réveil Communiste".Amicalement GQ