Un débat entre légistes et confucianistes

Publié le par dibo

Afin d'illustrer mon dernier article, voici un exemple de débat entre légistes et confucianistes. Cette discussion a eu lieu il y a environ 2400 ans à la cour du duc Xiao, ancètre du premier empereur Qin, il est rapporté par Sima Qian dans ses Mémoires Historiques.

Le duc Xiao prit à son service Shang Yang (ci-contre). Celui-ci voulut changer les lois, mais le duc et sa cour craignaient la réaction du peuple. Shang Yang dit :
- Ceux qui réalisent de grandes choses ne prennent pas l'avis de la foule. C'est pourquoi, les sages s'ils veulent reforcer leur pays ignorent les traditions, et s'ils recherchent l'intérêt du peuple, ne craignent pas de rompre les usages.
Un membre de l'assistance répondit :
- C'est faux. Le sage ne cherche pas à changer le peuple mais à l'éduquer. Le bon gouvernement ne fait pas de nouvelles lois mais donne l'exemple, le peuple devient alors meilleur sans effort. Si l'administration est juste, les fonctionnaires sont efficaces et le peuple est heureux.
- Voilà le point de vue du vulgaire ! Les hommes ordinaires trouvent la tranquillité dans les coutumes ou se noient dans les livres. Dans les deux cas, ils font de bons fonctionnaires mais leur avis est inutile lorsqu'il s'agit d'administrer un Etat. Chaque dynastie a ses traditions, chaque roi a ses lois. L'homme intelligent rédige la loi que le vulgaire défendra ensuite. L'homme capable change la loi, l'incapable se laisse entraver.
- Sauf pour obtenir un résultat cent fois meilleur, on ne change pas de loi. Comme on ne change pas d'outil sauf pour obtenir une oeuvre cent fois plus grande. Si l'on suit les traditions, il n'y a pas de risque d'erreur et personne ne fait de mal en se conformant aux usages.
- Il n'y a pas qu'une seule façon de gouverner. Pour le bien du pays, il ne faut pas hésiter à changer ce qui est ancien. Il n'y a rien de condamnable à aller contre les traditions et il n'y a rien de louable à les respecter.
Le duc finit par donner raison à Shang Yang et de nouvelles loi furent instituées. Le peuple fut divisé en groupes de 15 familles qui se surveillent mutuellement. Si un crime est commis dans le groupe sans être dénoncé, tout le monde est coupé en deux par la taille mais ceux qui dénoncent les criminels sont récompensé comme s'ils avaient abattu un ennemi à la guerre, ceux qui centravent la justice sont punis comme pour désertion face à l'ennemi. Les ouvriers qui ont les meilleurs rendements sont exemptés d'impôts, ceux qui se sont montrés incapables sont reduits en esclavage, etc...
Ce nouveau système permis au royaume de se développer rapidement, et finalement d'absorber ses concurrents et de réaliser l'unité de la Chine. Mais Shang Yang tomba victime de ses propres lois et la première dynastie ne dura que 15 ans.

Publié dans Culture

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Abellion 30/06/2008 09:46

Je vous félicite pour le travail accompli sur votre blog et vous accepte avec joie dans la communauté. Je trouve avec délices dans vos articles cette culture de l'Extrême-Orient que je connais si peu, et aussi la pertinence de ces correspondances avec les travers du monde actuel. Une démarche atypique et intéressante. Bonne continuation et à très bientôt sur la blogosphère, Abellion.

dibo 14/05/2008 21:12

C'est corrigé (du moins j'espère), avec mes excuses pour cette publication un peu précipitée...

Bernard Biro 14/05/2008 10:06

La richesse de ce texte réside dans le fait que ce débat a traversé le temps. Il a nourri réformes et révolutions. Il est à ce point  une  recherche du "vivre ensemble"  qu'il semble d'une immuable actualité. Il est regrettable que ce texte soit entâché d'aussi nombreuses fautes d'orthographes.